Quand la technologie s’attaque au 7ème continent

Huit millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans du monde chaque année. 1 Cela équivaut à y jeter un camion poubelle de plastique à chaque minute. Et l’accélération du phénomène est exponentielle : si aucune mesure n’est prise, ce chiffre devrait passer à deux camions par minute d’ici 2030 et quatre camions par minute d’ici 2050.2 Pour tenter de contenir l’augmentation alarmante de l’emprise de ce septième continent, toutes les initiatives sont les bienvenues, des plus avancées aux plus artisanales.

Les drones marins WasteShark

Inspiré par les requins baleines, qui nagent la bouche grande ouverte pour aspirer le plancton et les poissons qui croisent leur chemin, le drone aquatique WasteShark est capable d’engloutir près de 500 kilos de déchets chaque jour. Développé par la start-up néerlandaise RanMarine, il fonctionne comme un aspirateur autonome, mais dans l’eau. L’aquadrone peut naviguer pendant 10 heures et collecter les déchets en toute autonomie grâce à son système anticollision. Sa connectivité 4G lui permet également de travailler en équipe. S’il détecte une zone particulièrement polluée, il peut transmettre l’information pour déclencher le déploiement d’autres drones sur la zone. La quinzaine de capteurs embarqués lui permettent également de collecter de nombreuses informations sur la qualité de l’eau et d’envoyer les données vers un portail cloud qui se chargera de les analyser. WasteShark a déjà fait ses preuves tout autour du monde, au Royaume-Uni, au Danemark, en Inde, en Afrique du Sud ou encore en Australie.

Le navire Interceptor de The Ocean Cleanup

The Ocean Cleanup, organisation à but non lucratif, elle aussi née aux Pays-Bas, a développé une autre approche avec son Interceptor. Le navire est en quelque sorte une usine de recyclage flottante. Grâce à des digues placées en amont de la rivière, les déchets plastiques portés par le courant flottent jusqu’à l’Interceptor. Ils arrivent alors sur un tapis roulant qui va automatiquement déverser les déchets dans six conteneurs de récupération. Une fois remplis, une alerte est envoyée à un opérateur local afin que celui-ci vienne récupérer la barge sur laquelle les conteneurs sont installés. L’Interceptor lui, reste en place, prêt à accueillir une barge avec des conteneurs vides pour poursuivre sa mission. Pour garantir une opération parfaitement neutre en carbone, le bateau est alimenté par des panneaux solaires. L’Interceptor est capable d’extraire jusqu’à 100 tonnes de plastique par jour. Un des enjeux pour améliorer le processus est de lui permettre de différencier les déchets plastiques des autres déchets, comme les déchets organiques par exemple. Pour cela, l’organisation a participé au Microsoft Hackhaton afin de travailler avec des experts en intelligence artificielle et mettre au point des drones capables de différencier à l’aide de caméra les différents types de déchets flottant à la surface de la rivière, avant que ceux-ci n’atteignent l’Interceptor.

La supply chain Next Wave

Que faire ensuite de tout ce plastique sorti des eaux ? Dell Technologies s’est associée à l’ONG Lonely Whale pour réintégrer ces déchets dans l’économie circulaire. Avec l’initiative NextWave, nous avons imaginé la première chaîne d’approvisionnement exploitant du plastique récupéré dans les milieux marins. De plus en plus d’ordinateurs XPS et Latitude sont désormais livrés dans des emballages en plastique recyclé, dont 25 % provient des océans. Et la liste des cas d’usage grandit d’année en année avec de nouveaux partenaires.

L’ERG Planet

Bien entendu, la technologie ne peut pas à elle seule résoudre le problème de la pollution plastique. Une prise de conscience générale sur nos modes de consommation est nécessaire pour espérer venir à bout du 7ème continent. Les actions et engagements simples du quotidien ont également toute leur importance. Nous avons par exemple chez Dell Technologie un ERG (Employee Resource Group) baptisé Planet, dont je fais partie et qui réunit les collaborateurs souhaitant s’engager pour l’environnement. Nous organisons régulièrement sur les plages situées à proximité de notre siège de Montpellier des opérations de nettoyage, qui nous permettent à chaque fois de collecter des dizaines de kilos de déchets, notamment plastiques. Prochaine opération en date, le « Spring Challenge » qui se déroulera du 9 mars au 30 avril 2021 en partenariat avec Surfrider Foundation Europe.

La protection de l’environnement est l’un des piliers de nos engagements RSE. Notre objectif d’ici 2030, est que 100 % de nos emballages et plus de la moitié des composants de nos produits soient fabriqués à l’aide de matériaux recyclés ou renouvelables. L’utilisation de plus en plus importante de plastique recyclé s’inscrit évidemment dans cette démarche. Plus nous travaillerons à éliminer ce septième continent, plus les six autres s’en porteront mieux.

1 https://www.sciencemag.org/news/2015/02/here-s-how-much-plastic-enters-ocean-each-year

2 http://www3.weforum.org/docs/WEF_The_New_Plastics_Economy.pdf

Loris Viarouge

About the Author: Loris Viarouge

Directeur Marketing de Dell Technologies en France